Menaçante, la crise du coronavirus a fait récemment chuter l'ensemble des places boursières à Wall Street, mais aussi en Europe. Devant un tel effondrement, les regards se tournent vers l'immobilier qui, selon certains, reste un placement sûr. Mais depuis les annonces officielles quant à la restriction de déplacement en France, nombreuses sont les questions qui se posent. Essayons de faire un point sur les conséquences que pourrait engendrer le coronavirus sur l'immobilier.

Vue globale de la situation actuelle

Afin de limiter la propagation du coronavirus, plusieurs activités vont tourner au ralenti. Les agences immobilières vont devoir fermer leurs portes temporairement. Seuls les agents devant régler des démarches urgentes travailleront à distance. Si ce n'est pas le cas de toutes les banques, il y en a quelques-unes qui proposent des modalités exceptionnelles pour leurs clients tels que les reports d'échéances des crédits. Les entreprises de courtage immobilier et les notaires sont aussi en train de fermer, ne gardant en étude que quelques dossiers jugés urgents. Bref, tous les acteurs de l'immobilier vont cesser temporairement leurs activités le temps que le coronavirus se calme.

Avec un tel climat donc, l'achat des biens devient difficile voire impossible. Une transaction pour qu'elle se fasse convenablement aura besoin d'un terrain de confiance et de beaucoup d'échanges. Et les échanges de mails, de téléphones ou de vidéoconférences ne vont certainement pas suffir.


Un imminent ralentissement du marché immobilier

Les spécialistes ont déjà imaginé le tableau, mais n'ont pas réalisé le scénario après l'annonce officielle du confinement. Si l'on tient compte des propos de Franck Vignaud, directeur du Laboratoire de l'immobilier, la pierre fait toujours preuve de résilience dans les moments forts. Selon lui, le marché de l'immobilier s'apparente à un cycle où l'on rencontre des hauts et des bas et dont les durées peuvent être plus longues. La pierre s'inscrit dans un contexte qui demande du temps, puisqu'entre l'investissement et la revente, il faut du temps. Nous faisons face à ce qu'on appelle une tourmente boursière, ce qui pourrait consister toutefois en une crise passagère. Pour Franck Vignaud, on ne peut pas craindre un effondrement des prix. La situation va se révéler plutôt comme un ralentissement du marché où chacun va attendre le retour à la normale. Tout ceci, pour répondre à la pandémie du coronavirus qui prévaut actuellement et avec le CAC 40 qui vient de chuter à -21 % en l'espace de 20 jours.


Les taux de crédit maintenus à des niveaux très bas

Si les taux d'emprunt sont bas, ils vont devoir rester à ce niveau ou même un peu plus bas. Ceci en raison des mesures prises par les banques centrales devant la pandémie du coronavirus. Si la Banque centrale européenne n'a pas encore baissé ses taux, les autres banques telles que la BOE, la FED l'ont déjà fait. Certains organismes comme la BCE ont même entamé des mesures d'injections de liquidités pour garantir la continuité du système bancaire. C'est l'occasion pour les emprunteurs de revoir leur crédit en faisant un rachat. Mais il faut s'attendre à ce que le traitement de dossier soit plus long ! Il ne faut tout de même pas oublier les recommandations des autorités financières sur la limitation du taux d'endettement ainsi que la réduction de la durée des prêts.


Immobilier, valeur refuge : est-ce encore le cas ?

Si l'on croit aux dires des experts comme Sandrine Allonier, porte-parole de meilleurtaux.com, l'immobilier se dévoilerait comme une valeur refuge. Mais faut-il rappeler que le secteur peut aussi connaître d'importantes pertes de valeur. Ce qui va d'abord se passer c'est la situation expliquée par Guy Marty, fondateur de pierrepapier.fr. Pour lui, « le marché de la pierre pourrait connaître des lendemains difficiles ». Tout part de l'effet psychologique, selon toujours l'expert. Étant incontrôlable, ce phénomène se répercute sur la santé immobilière. Voici le tableau : si les acheteurs potentiels décident d'attendre, les ventes stagneront. À l'expert de suivre qu'il va de soi que les transactions seront en baisse et forcément les prix vont suivre. Et si la pandémie persiste, le marché va s'étouffer.

À Philippe Crevel, directeur du Cercle de l'épargne de se prononcer sur la nature anxiogène du coronavirus. "Malgré la baisse des taux d'intérêt (taux de l'OAT à 10 ans a régressé de -0,4 %, le 9 mars dernier) qui pourrait profiter aux investisseurs, l'effet coronavirus va entraîner les ménages à privilégier l'épargne plutôt que l'investissement à long terme".

Dans tous les cas, il est plus sage d'attendre et de surtout se concentrer sur les préoccupations sanitaires. Ce qui est sûr c'est que cette crise engendrée par le coronavirus va coûter des milliards d'euros et que particuliers et entreprises vont subir des difficultés financières. Dans les années ou même dans les mois à venir et lorsque nous pourrons tous sortir pour reprendre nos activités, le passage du Covid 19 aura un impact considérable sur les prix de vente des logements.