
Les taux immobiliers étaient déjà en-dessous de 2% vers la fin 2015 pour être encore autour de 1,81% en avril dernier. Le phénomène, en plus d'être exceptionnel, remet sur la table, la question de renégociation de crédit.
Une baisse continue
Actuellement, le taux moyen du crédit immobilier continue de baisser et se situe entre 1,77% et 1,5%, sans distinction entre les délais d'emprunt.
Les emprunteurs peuvent alors demander une renégociation de leur prêt, exigible lorsque l'écart entre l'ancien et le nouveau taux équivaut à 1 point minimum. Et cette renégociation joue même si une première négociation a déjà été réalisée dans le cadre du même prêt immobilier.
Les spécialistes du crédit immobilier font d'ailleurs remarquer que le quart des demandes qu'ils traitent sont déjà à ce stade de seconde renégociation et il n'est pas rare de trouver des cas de troisième renégociation.
Cependant, avant de se lancer, il faut savoir que l'écart d'un point ne saurait être la seule condition exigée pour une renégociation de crédit immobilier.
Les autres exigences
La renégociation de crédit ne se justifie que si l'emprunteur se situe à la première moitié de son échéance de remboursement. La raison en est tout simplement que c'est la période la plus significative du point de vue des intérêts d'emprunt.
Pour un prêt qui s'étale sur vingt ans, il faudrait compter entre sept et dix ans de reliquat de remboursement.
Le montant qui reste encore à payer doit aussi représenter un minimum, allant entre 80 milles et 100 milles euros et l'emprunteur ne doit pas céder son bien immobilier dans les deux ans qui suivent la renégociation.
Il faut aussi savoir que la renégociation de crédit entraîne certains frais dans la mesure où elle est considérée comme un nouveau crédit, avec ses propres modalités.
En première ligne, la banque exigera des frais de remboursement anticipés qui ne doivent pas dépasser 3% du montant de l'emprunt et qui n'iront pas au-delà de six mois de mensualités de remboursement tout au plus.
A ces pénalités s'ajouteront les frais de dossier ainsi que les frais inhérents à la garantie accompagnant le nouveau prêt.
Les conseils de la rédaction
Malgré ces nouveaux frais, opter pour la renégociation de prêt peut être une option gagnante. Entamée au moment opportun, elle raccourcit la durée du prêt de façon substantielle ou réduit les mensualités à payer dans la même mesure.
Il ne faut pas oublier que s'agissant d'une renégociation, ces avantages s'additionnent à ceux qui ont été obtenus lors de la première négociation. L'économie qui en ressort ne peut donc qu'être intéressante.
Cependant, rien n'empêche d'être vigilant sur certains points notamment, sur le coût de l'assurance emprunteur, surtout lorsque l'on a atteint un certain âge. En effet, le coût de cette assurance sera plus élevée lorsque les risques inhérents à l'emprunteur sont plus grands.
Il faudra alors veiller à garder la rentabilité de l'opération.
Dans tous les cas, la renégociation de prêt ne doit s'envisager que si les avantages escomptés reviennent supérieurs aux frais demandés par la banque.
Une renégociation pour une réduction de la durée de prêt constitue une option à privilégier dans la mesure où celle-ci emporte une réduction des intérêts demandés par la banque.
Surtout, il ne faut pas hésiter à jouer sur la concurrence. En effet, les frais de dossier varient entre une fourchette de 700 euros à 1500 euros selon que l'emprunteur sait ou non mettre ses banquiers en concurrence.
N'oublions pas que la banque a tout intérêt à garder ses clients. Pour autant, elle le fera dans une limite qui lui est propre. Il appartient à l'emprunteur de trouver cette limite et de l'exploiter dans une certaine mesure.
